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CAMPAGNES SOLIDAIRES


Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.

C'est un point de ralliement pour ceux qui veulent comprendre les réalités de la vie et des luttes paysannes dans le monde et ici en Europe.

C'est aussi un espace pour ceux qui veulent s'exprimer sur ces réalités et la manière d'agir sur elles.

Informer, c'est contribuer au débat sur les sujets de société tels que les OGM, la sécurité alimentaire et la mondialisation...

Campagnes Solidaires, notre, votre journal, tente chaque mois de restituer les résistances et les espoirs de ces luttes. Nous avons besoin de vous pour continuer ce combat.

Le numéro du mois

n° 364 - septembre 2020
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Pour une Sécurité sociale de l’alimentation


Les dossiers sont disponibles en téléchargement trois mois après parution [voir dans la rubrique ARCHIVES]

Un revenu pour les paysan.nes, une autre PAAC, l'aide à l'actif ou active, la sortie des pesticides, la reconnaissance du travail des femmes en agriculture, une retraite digne de ce nom, la régulation des marchés, le prix minimum d'entrée à l'importation, la loi foncière, le combat contre la malbouffe.… Du temps, de l'énergie et de la motivation militante sont dépensées pour défendre nos revendications et nos propositions. Leurs pertinences sont encore une fois démontrées face à la dernière crise sanitaire. Pour autant, toutes les revendications de la Confédération paysanne, pour légitimes qu'elles soient, peuvent être ressenties comme un inventaire à la Prévert. Il ne suffit pas de brandir le drapeau de l'agriculture paysanne pour faire bloc devant la complexité du système agricole et alimentaire dont nous sommes le premier maillon.
Des aides à l'actif, très bien ! Mais après, quoi ? Une amélioration du revenu, du coup encore dépendant des aides. Une sortie des pesticides, parfait ! Mais après, quoi ? Des prix toujours fixés par l'agro-industrie et le marché ? Une dépendance accrue aux exigences de soutien en cas de crise. Les femmes seraient reconnues pleinement comme des actives agricoles : encore heureux ! Mais après ? Toujours avec un revenu moyen de 300 euros ? La belle affaire. La malbouffe aux poubelles de l'histoire ? Entendu. Mais que faisons-nous de la démocratie alimentaire et de l'accès à une alimentation durable pour tous ? Une retraite à points par répartition ? Alléluia. Mais une répartition capitaliste qui, encore une fois, s'accapare la majorité de la valeur ajoutée que nous fabriquons. Un prix minimum d'entrée ? Amen. Mais comment structurons-nous la demande des produits locaux alors défendus ? En laissant cette structuration aux mains des GMS ? Jamais de la vie n'est-ce-pas ?
Alors que faire ? Que faire à part brandir un drapeau, faire connaître (à raison mais trop souvent à bas bruit) nos positions dans les interprofessions ou les chambres d'agriculture, manifester dans la rue ou les ministères nos mécontentements, en subissant les calendriers de la réforme néolibérale.
Le projet de Sécurité sociale de l'alimentation ne propose pas moins de faire le lien manquant entre la demande et l'offre d'alimentation. Cette demande, s'inspirant de celle de santé, pourrait devenir le puissant levier de la transformation agro-écologique et paysanne de notre agriculture.
Nous ne partons pas de rien.
La sécu, telle qu'elle a été pensée par nos mères et nos pères, si nous ne faisons rien va disparaître.
Alors, passons à l'offensive, non pas pour sa défense mais pour son extension à l'alimentation, et donc à sa production !

Emmanuel Marie,
paysan dans le Calvados,

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