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CAMPAGNES SOLIDAIRES


Campagnes solidaires est le mensuel de la Confédération paysanne, engagé avec les paysans et les acteurs du mouvement social dans l'émergence d'autres mondes possibles.

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Le numéro du mois

n° 336 - février 2018
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Prévenir et combattre les maladies professionnelles


Les dossiers sont disponibles en téléchargement trois mois après parution [voir dans la rubrique ARCHIVES]

« Ne pas perdre sa vie en la gagnant » était un slogan des centrales syndicales ouvrières pour combattre les accidents du travail. Mais combien ce slogan serait-il encore d'actualité en agriculture, trompeusement appelée « conventionnelle », à cause de pratiques de production offertes à la chimie, d'un temps de travail trop interminable, d'un endettement colossal et d'un revenu évanescent ? Les burn-out, les suicides, les démissions, sont la partie visible de ce que nos experts patentés appellent « le prix de la compétitivité, la modernité ».
De façon plus insidieuse, cette agriculture de performance technique fait appel au monde de la chimie « pour atteindre les objectifs, gagner des parts de marché ». Et c'est ici que l'omerta commence. « On dispose de beaucoup de travaux sur l'exposition au tabac, à l'alcool et à leurs effets, mais presque rien sur les pesticides », affirment deux chercheurs, Denis Bourguet (Inra* Montpellier) et Thomas Guillemaud (Inra*-CNRS* de Nice). Et pourtant, ajoutent-ils, « ce qui apparaît comme le poste de dépenses le plus important reste le traitement des maladies chroniques liées a l'exposition à ces substances ».
Ces coûts cachés, ces externalités négatives, ce fardeau économique, peuvent excéder largement les bénéfices offerts par les herbicides, fongicides et autres insecticides. Et l'exercice est d'autant plus délicat que certaines externalités sont décalées dans le temps ajoutent nos experts : « Les maladies d'aujourd'hui peuvent être le fait d'expositions passées ».
L'ensemble des médias s'est gargarisé avec l'escroquerie intellectuelle qu'est l'agriculture « raisonnée » alors que cette tromperie était financée par l'Union des industries pour la protection des plantes (UIPP*, le bras armé du lobby des pesticides), avec la seule obligation de respecter les doses homologuées. La MSA* a mis en place un réseau de surveillance toxicologique « pour prévenir au moment de la manipulation », parce que « la grande maison » ne veut pas que l'on s'aventure au-delà, cela pourrait déplaire « aux bailleurs de fonds » (1). Ce qui a fait dire à une économiste de l'Inra* de Toulouse, Marion Desquibet, commentant les travaux de ses collègues : « un travail énorme qui ouvre une boite de Pandore ».

Christian Boisgontier

(1) La présidente de la Fnsea, Christiane Lambert, a longtemps présidé le réseau Farre, vecteur de l'agriculture « raisonnée » qui, selon son site internet, compte parmi ses soutiens Monsanto, Syngenta, BASF, Dupont de Nemours, Dow Agrosciences...

 

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