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CAMPAGNES SOLIDAIRES


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Le numéro du mois

n° 376 - octobre 2021
Editorial
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Editorial

À sa demande

« Merci, monsieur le ministre, d'avoir organisé cette réunion à notre demande » :  Christiane Lambert prenant son tour de parole lors d'un rendez-vous de la bio au ministère de l'Agriculture, le 16 septembre, face à tous les acteurs et actrices du domaine.
C'est ainsi. La FNSEA* demande une réunion au ministère, celui-ci s'exécute. Julien Denormandie peut s'évertuer à  gesticuler sur son siège, cliquant nerveusement la touche de son micro pour s'en défendre, « madame la présidente » donne la parole à ses collaborateurs qui déroulent pendant 30 minutes les points de l'ordre du jour qu'ils étaient les seuls à connaître.
Et donc ? De quoi était-il question ?  De l'offre, de la demande et des impasses techniques de la bio.
Et quelles réponses seront apportées par les pouvoirs publics ? Un peu d'attention s'il-vous-plaît : il faut bien écouter les collaborateurs de « madame la présidente » pour le savoir.
Pas d'inquiétude officiellement (mais plutôt si, et des sévères…) : un marché de 5 milliards d'euros de chiffre d'affaires il y a cinq ans et de 13 milliards aujourd'hui, dont 80 % sont issus de l'agro-alimentaire, ne laisse personne indifférent. Et assurément pas madame la présidente et ses collaborateurs.
Pour l'offre, il s'agirait d'avoir une approche économique (les syllabes bien appuyées), avec du plafonnement des aides Pac dedans. Ne rêvez pas, les collaborateurs de madame la présidente voudraient plafonner les aides bio. Pas touche au premier pilier !
Pour la demande, il est à craindre que nous ne devions faire confiance qu'au marché. Vous savez, celui qui régule, qui trace les décisions et notre avenir, celui qui nous permet de ne plus avoir besoin que de 400 000 paysan·nes en France aujourd'hui...
Et pour les impasses techniques de la bio ? Alléluia ! L'innovation technologique est là, devant nos yeux. Et nous, pauvres pécheurs, nous avons besoin de la lumière des techniciens et des collaborateurs à notre service pour nous vendre l'agriculture 4.0, celle de 2030. Celle pour qui les pouvoirs publics vont ouvrir les vannes en grand pour finir d'achever l'agriculture qui colle aux bottes, qui voudrait refroidir le climat et reprendre la terre aux machines.
En attendant, Synabio (les transformateurs de la bio, autrement dit la branche bio de l'agro-industrie) est prêt à offrir sur un plateau tous les chiffres, tous les indicateurs que le ministre se plaint de ne pas avoir. Oui, le ministre manque d'indicateurs. Que cherche-t-il ? Ceux de la transformation industrielle qui sait aussi transformer ses chiffres et ses résultats selon son calendrier ? Ou bien justement, des indicateurs qui permettraient de mieux comprendre le fonctionnement des dits transformateurs et des crises de certaines filières alors que le marché est en constante augmentation ?
Mystère. Julien Denormandie nous répondra certainement dans un tweet à la gloire des mégabassines, tête de pont du verdissement de Christiane Lambert et de ses collaborateurs !

Emmanuel Marie,
paysan dans le Calvados,
secrétaire national

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